La
terrible explosion qui s’est produite à Toulouse le 21 septembre à 10h15, à l’usine
AZF, propriété de Total FINA, a complètement bouleversé un secteur urbain de 3
km tout autour du pôle chimique AZF / Tolochimie / SNPE.
Le
bilan provisoire est de 30 morts, plus de 20 disparus, plus d’un millier de blessés
dont certains très gravement, et qui subiront toute leur vie les séquelles de
leurs blessures. Ce bilan aurait été plus terrible, si le souffle de l’explosion
avait entraîné l’explosion de l’usine de la SNPE, située de l’autre côté de la
Garonne.
Cette usine fabrique entre autres, du phosgène (le fameux gaz moutarde)
mais bien d'autres produits hautement dangereux et utilisés par exemple pour le
carburant d’Ariane .....
Si cette usine avait sauté, ce ne sont pas 30 morts
mais 300 morts ou plus qui auraient été comptés. L’impossible, l’improbable a
eu lieu.
Il a eu lieu parce qu’il était tout simplement probable, simplement
prévisible. Probable du fait de la vétusté du site (construite en 1924 !) et probabilité
aggravée à cause de l’extension continue de sa capacité de production. Même si
des modernisations successives ont été apportées, en vue par exemple de diminuer
les rejets d’ammoniac, il est clair que la structure de l’usine ne pouvait assurer
des conditions optimales de sécurité à long terme.
Pourtant,
les pouvoirs publics n’ont jamais hésité en plusieurs occasions à autoriser des
extensions de ce site. A chaque fois, la déclaration d’utilité publique
a été accordée au mépris des importantes mises en garde des riverains, des associations
de défense de l’environnement dont les Amis de la Terre Midi-Pyrénées. Ainsi la
dernière de ces extensions date du printemps 2000 : celle-ci était justifiée selon
AZF et les pouvoirs publics, par le fait que Total, fermant deux centres dans
le nord de la France, devait augmenter la production à Toulouse !
Auparavant
avait été autorisée la construction d’une unité de production de ce fameux phosgène
dans l’usine SNPE. Enfin, fait aggravant, un tissu urbain important et peuplé
(quartier d’habitats collectifs du Mirail, d’Empalot) s’est développé tout autour
de ce site dangereux, sous la pression des acteurs politiques, étatiques et privés
qui ont laissé s’étendre sans aucune intervention, bâtiments privés (habitats
individuels et collectifs, centres commerciaux), et bâtiments publics (écoles,
usines, la faculté du Mirail, l’hôpital de Rangueil, ……) Le risque a été cyniquement
assuré pendant des années.